Masque à gaz

Un masque à gaz, plus exactement un appareil de protection respiratoire filtrant, protège les voies respiratoires contre des particules, des vapeurs ou des gaz présents dans l'air. Il couvre la bouche et le nez, et dans sa version intégrale les yeux et le visage.

Son usage courant n'est pas militaire : il concerne d'abord le travail, peinture, traitement phytosanitaire, désamiantage, industrie chimique, pompiers, et il est encadré par la réglementation sur les équipements de protection individuelle.

Principe d'un adoucisseur d'eau

L'air inspiré traverse un filtre avant d'atteindre les voies respiratoires. Deux mécanismes distincts s'y combinent selon les contaminants.

La filtration mécanique retient les particules, poussières, fibres, aérosols, par un média fibreux, selon plusieurs effets physiques qui n'ont rien à voir avec un simple tamis. C'est ce qui explique qu'un filtre puisse arrêter des particules plus petites que ses propres pores.

L'adsorption retient les gaz et les vapeurs sur du charbon actif, dont la surface interne considérable fixe les molécules. Des charbons imprégnés traitent des familles de gaz que le charbon seul ne retient pas.

Une soupape expiratoire évacue l'air expiré sans le faire repasser par le filtre, ce qui réduit l'effort respiratoire et la condensation.

Classes de filtres d'un masque à gaz

La normalisation européenne les identifie par une lettre et une couleur. P pour les particules, avec trois niveaux d'efficacité. A, brun, pour les gaz et vapeurs organiques à point d'ébullition élevé. B, gris, pour certains gaz inorganiques. E, jaune, pour le dioxyde de soufre et les gaz acides. K, vert, pour l'ammoniac. Des filtres spéciaux existent pour le mercure, les oxydes d'azote ou l'iode radioactif.

Les filtres combinés associent plusieurs lettres et une protection particulaire. Trois classes de capacité (1, 2 et 3) indiquent l'autonomie face à une concentration donnée.

Le point essentiel : un filtre ne protège que contre ce pour quoi il est conçu. Un filtre à particules n'arrête aucun gaz, et un filtre à vapeurs organiques n'arrête pas le monoxyde de carbone.

protection respiratoire

Ajustement plus important que le filtre

Un masque qui ne joint pas parfaitement au visage laisse passer l'air par les côtés : la protection réelle s'effondre, quelle que soit la qualité du filtre.

C'est pourquoi les protocoles professionnels imposent un essai d'ajustement, et pourquoi la pilosité faciale est incompatible avec un masque à joint facial, une barbe, même courte, empêche l'étanchéité. Les branches de lunettes posent le même problème sur un masque complet, qui existe donc en version à verres correcteurs intégrés.

Un contrôle simple se fait avant chaque usage : obturer l'entrée du filtre et inspirer, le masque doit se plaquer et rester en dépression.

Limites les plus importantes

Un appareil filtrant ne fabrique pas d'oxygène. Dans une atmosphère appauvrie en oxygène (cuve, silo, cave, espace confiné), il est inutile et dangereux : seul un appareil isolant, alimenté en air ou en oxygène, convient.

Il ne protège pas non plus contre un contaminant inconnu, ni contre une concentration dépassant la capacité du filtre. Et les filtres ont une durée de vie limitée : ils se saturent à l'usage, et se dégradent même stockés, une fois l'emballage ouvert.

Un filtre usagé se remplace selon les indications du fabricant, et non quand on sent une odeur, la perception olfactive n'est pas un indicateur fiable, car certains gaz sont inodores ou saturent l'odorat.

Cadre professionnel du masque à gaz

Le code du travail impose une hiérarchie : supprimer le risque, puis le réduire à la source, puis recourir à des protections collectives, ventilation, captage, , et seulement en dernier ressort à la protection individuelle.

Un masque est donc le dernier recours, jamais la première réponse. L'employeur doit fournir l'équipement adapté, former à son usage, et organiser son entretien et son remplacement. Ces obligations expliquent l'essentiel de la réglementation en la matière.

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